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Photographies et vidéos


"Carnets de villes, Cameroun": repérages à Ngaoundéré.

Publié par NGASSAM TCHATCHOUA Yvon Léolein sur 17 Février 2014, 23:12pm

Catégories : #photographie camerounaise

"Carnets de villes, Cameroun": repérages à Ngaoundéré.

Après Garoua et ses nuits fraîches, ses poissons braisés, l’ambiance psychédélique du quartier Yelwa, nos amis photographes, le village Dolla, le Mont TINGUELIN… nous avons grimpé Hervé DANGLA, photographe et initiateur du projet « Carnets de villes, Cameroun » et moi, représentant le Collectif Kamera la célèbre falaise en direction de Ngaoundéré.

Ngaoundéré est considérée comme la porte de la partie septentrionale du Cameroun, c’est l’une des raisons qui nous a poussé à rentrer celle-ci dans la liste des villes à étudier dans le projet « Carnets de villes, Cameroun ». Nous y avons passé trois jours entre rencontres avec les personnalités de la ville, les habitants, les photographes pour leur présenter le projet « Carnets de villes, Cameroun » et les prises de vue pour le compte du repérage.

Ngaoundéré est une ville cosmopolite de part sa fonction, c’est la ville terminus du chemin de fer camerounais, c’est un lieu de transit où on trouve toutes les cultures du Cameroun. Elle donne à la première impression d’être très concentrique ; elle se développe à partir du célèbre carrefour Marhaba et de son avenue commerciale. Des veines partent tout au long de cette artère principale vers les quartiers populeux et populaires tels que Balaji I&II, 12 poteaux, « joli soir » qui jouxte le vrai « grand » marché ici considéré « petit » par rapport à celui qui se trouve non loin du Lamidat de Ngaoundéré, l’inévitable Mont Ngaoundéré et les constructions anarchiques qui se font à ses pieds.

La gare voyageur est l’un des lieux commerciaux importants de la ville. Elle alimente la ville en tout genre de produits, le Nord entier du pays ainsi que les pays frontaliers qui ne bénéficient pas d’un port. Je suis surpris quand j’imagine les richesses que génère cet endroit, que cette ville ne soit pas plus avancée économiquement qu’elle ne l’est.

Non loin de la gare voyageur, on aperçoit le quartier « Gada Mabanga » célèbre pour ses « cabarets » de Bili-bili : bière de mil. Contrairement à une grande partie de la ville, ce quartier me semble bénéficier d’une réelle pensée urbaine. Les routes sont tracées même si elles ne sont pas bitumées. On a une construction urbaine en forme de damier. Les maisons ici ne datent pas de longtemps et sont faites pour la majorité en torchis. Le quartier est neuf et ses habitants sont pour la plus part des allogènes qui vivent de petits métiers de la ville (techniciens de surface, femmes de ménages, vigile…)

On se rend compte que le commerce formel tout comme l’informel sont les principales sources de richesses des habitants car la ville pullulent de marchés et les deux principaux, pratiquement voisins, sont le petit et le grand marché.

Le grand marché, situé non loin du Lamidat de Ngaoundéré est le plus ancien des deux et est spécialisé dans le textile est ses dérivés. Il est constitué de deux grands espaces rectangulaires donc les cotés sont des boutiques et l’espace au centre est occupé par des étals spécifiques du Sahel (armatures en tronc d’arbre et pailles séchées comme toit).

Le petit marché ou marché Belabo est plus étendu et plus diversifié en terme d’offre de produits commerciaux. Il bénéficie de nouveaux bâtiments qui ont été construits après une série d’incendies qui avait ravagé une grande partie du marché. Ce sont des constructions d’un étage sans aucune recherche esthétiques et encore moins de précautions de sécurité, des branchements électriques hasardeux. Après cette série de bâtiments « modernes », le marché traditionnel reprend son cours dans la pensée du marché local c'est-à-dire la promiscuité.

Ngaoundéré c’est aussi de beaux quartiers tels que « Le plateau » ou Balaji I où résident les nantis et les hauts fonctionnaires de la ville. Balaji I, quartier résidentiel, grandes maisons à clôtures, routes poussiéreuses et il suffit de traverser un court d’eau nauséabond pour tomber dans la précarité et la promiscuité de sa sœur pauvre Balaji II.

Balaji II est l’un des quartiers chauds de la ville avec son célèbre bar à striptease « Caïman », ses belles de nuit, ses bordels où se retrouve le tout Ngaoundéré pour des soirées chaudes et bien arrosées. Les maisons en voie d’écroulement sont essentiellement en torchis.

C’est dans cette ville qu’on forme une partie de l’intelligentsia camerounaise : l’Université d’Etat de Ngaoundéré (UN). Située au bord du lac artificiel de Dang à une quinzaine de minutes de Ngaoundéré sur la route vers Garoua, l’UN est une jeune institution académique qui malgré son âge regroupe en son sein plusieurs école à savoir l’ENSAI, l’ESMV (Ecole des Sciences de médecine vétérinaire), l’I.U.T (Institut Universitaires de Technologie) pour ne citer que celles là. C’est une université en chantier permanent où les nouveaux amphithéâtres à cause du manque du civisme des étudiants se délabrent. Des services d’accompagnement à la recherche tels que les médiathèques sont inexistantes, soient très peu fournies. Les services de logement sont dépassés par la demande et du coup des mini-cités privées se construisent dans le voisinage de l’université pour pallier à ce déficit, mais ceci sans aucune pensée urbaine.

Nous n’avons eu que trois jours pour nous balader dans Ngaoundéré et contrairement à l’impression qu’elle nous a fait quand on l’a rencontrée c’est une ville très étendue et qui demande bien plus de trois jours pour se découvrir.

Ngaoundéré et Garoua sont deux villes au Nord du Cameroun qui ont chacune une structure urbaine qui leur est propre et il est intéressant dans le projet « Carnets de villes, Cameroun » d’en montrer les différences et les similitudes dans le but de fournir aux administrateurs de ces villes des éléments d’observations pour une pensée urbaine de leur ville respective.

Pour voire les photos, cliquez sur le lecteur Calameo ci-dessous

"Carnets de villes, Cameroun": repérages à Ngaoundéré.
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